
es lois économiques nous sont aujourd’hui imposées comme une fatalité. L’on affirme qu’elles correspondent à l’ordre naturel du monde dans lequel nous vivons. Elles sont érigées en dogme véritable. Telle est la conclusion tirée de la fin des utopies collectivistes que « les décideurs mondiaux » dictent désormais à la multitude des hommes.Les valeurs humaines et spirituelles s’effacent, tandis que la politique se dérobe. L’emprise des forces économiques et matérielles devient tentaculaire. Les gouvernements impuissants et les citoyens abandonnés se soumettent à la fatalité de la mondialisation mercantile. Celle-ci correspond à une stratégie délibérée qui organise la course au butin par un maillage d’institutions et de lois. L’Organisation Mondiale du Commerce, la Banque Mondiale, le Fonds Monétaire International et le réseau des entreprises multinationales imposent leurs volontés aux états nanifiés.
C’est une adversité insaisissable et inaccessible, qui se situe hors du champ démocratique, que nous devons connaître. Sa puissance est gigantesque : elle concentre toutes les formes de capital. Sa sophistique est terrible : elle écoule une aimable propagande par son emprise sur les médias. Osons répéter : « Vous avez pour père le Diable » ! (Jn. VIII, 44)
Contre la ligue mondiale des faiseurs d’argent, des affameurs et des pollueurs, nous devons repenser « la politique », au sens de participation à la raison universelle (logos) que lui donnait la sagesse stoïcienne. Nous devons développer notre réflexion néo-gnostique, susciter un questionnement et proposer aux hommes un tout autre regard sur le monde, ouvert aux vertus de la conscience universelle.
La valeur de l’homme ne dépend pas de son avoir, mais de son être plein de l’Esprit. Edifions une société nouvelle dans laquelle les valeurs qualitatives (éthiques et politiques, sociales et culturelles, biologiques et spirituelles) ne seront pas réductibles à une valorisation monétaire. Cherchons les richesses de l’âme et la simplicité de vie avec méthode.
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E dualisme chrétien trouve ses fondements dans la philosophie de Paul de Tarse. Son disciple, Marcion de Sinope, montre l’irréductible opposition des deux concepts de Dieu portés par la vieille Bible et par l’Evangile. Son Eglise spirituelle s’étend de l’Orient à l’Occident dès le IIème siècle, jusqu’à tendre le relais à la nouvelle Eglise des bons chrétiens (les cathares) et disparaître au XIème siècle.Dieu n’a pas de réalité dans le monde. Il est absent et n’est pas opposable. Pourtant, l’idée de Dieu purifiée se révèle dans les esprits. Cette purification est un chemin de vérité qui passe par la réalité des faits et la logique du discours. Toute lecture des textes fondateurs doit s’appuyer sur la méthode historico-critique qui invalide les raisonnements théologiques.
La vieille Bible montre un Dieu législateur attaché aux valeurs mondaines, tandis que l’Evangile dévoile un Dieu détaché du monde.
Paul élabore l’idée de deux créations :
- le Dieu biblique crée un homme instinctif et passionné, issu du règne animal;
- le Christ crée un fils d’homme, issu du règne de l’esprit, capable du discernement de conscience. Il n'annonce pas la régénération de la chair, mais le rebut.
Le monde fondamentalement mauvais dans lequel nous vivons appartient au Diable. Le mal – qui n’est, tout simplement, que ce qui fait mal – est premier et le bien ne vient jamais que soulager l’excès de mal. Le dualisme oppose la non-violence à la violence. Vu que le mal est intrinsèquement lié à la vie, pourquoi imaginons-nous un Dieu créateur de toute bonté ? Il y a là une sorte d’attachement affectif qui nous relie au Diable comme l’esclave à son maître. Ce questionnement nous situe dans la tradition paulinienne où nous retrouvons le christianisme de Marcion de Sinope et des cathares d’Occitanie.
Nous témoignons que les flammes des bûchers n’ont jamais brûlé les pensées. Une espérance nouvelle germe dans les multitudes qui pérégrinent par les sentiers escarpés des hauts lieux de la pensée cathare. Nos moyens de communication nous relient aux chrétiens en quête de sens et aux croyants cathares d’Europe et d’Occident. Notre christianisme n’est pas dogmatique. Il s’agit d’abord d’un questionnement qui a pour origine la vision douloureuse du monde. Il suscite la compassion et s’inscrit dans la simplicité de vie. Et chacun de nous se hâte à son rythme, sur le même chemin, vers le dieu inconnu.
La philosophie cathare est une philosophie de libération qui renverse la perspective commune. Elle rencontre, dans la société humaine, une difficulté aussi grande que celle de Galilée qui cherchait à démontrer que l’évidence était pourtant l’erreur.
En 1309, le dernier cathare revêtu et martyr, Guillaume Bélibaste, prophétisait : « Au bout de sept cents ans le laurier reverdira… »