Le chemin de Damas


L'évangile prophétique


La communauté paulinienne

26 - L'évangile prophétique

E vous fais savoir, frères, que l'évangile qui a été annoncé par moi n'est en effet pas selon l'homme : et ce n'est pas non plus d'un homme que je l'ai reçu ou appris, mais par un dévoilement de Jésus Christ. » (Ga. I, 11-12)

Il ne peut y avoir d'autre évangile que celui qui procède de la grâce libératoire du Christ (Ga. I, 6). Ne pas connaître la rupture évangélique, revient à « retourner l'évangile » (Ibid. 7), à donner à la parole de vérité un sens contraire à ce qu'elle signifie. Les adversaires de Paul enseignent une légalité évangélique comme interprétation originale de la Torah. Lorsque Paul maudit l' « ange du ciel » (Ibid. 8) qui viendrait annoncer un autre évangile, il crée indubitablement le lien avec les « anges » prescripteurs de la Torah (Ga. III, 19). De ce fait, lorsqu'il maudit celui qui annonce un autre évangile Ga. I, 9), il évoque le législateur, la figure du « médiateur » tel que fut Moïse (Ga. III, 19). L' « autre évangile » n'est pas seulement envisagé comme une alternative néfaste ; il est déjà proclamé (Ga. I , 6). Néanmoins, il n'est pas (encore) revêtu du sceau d'une légalité qui lui appartiendrait. Ainsi, Paul signifie-t-il que si un autre évangile se trouvait annoncé dans des conditions semblables à la proclamation de la Torah de Moïse, sa valeur n'en serait pas moins absolument nulle.

L'on trouve en Deutéronome : « Yhwh, ton Dieu, suscitera pour toi, du milieu de toi, d'entre tes frères, un prophète comme moi (Moïse) : c'est lui que vous écouterez. » (Dt. XVIII, 15-18). Cette annonce est reprise dans les Actes des apôtres comme un argument de Pierre à l'égard des Israélites qu'il appelle à la conversion : « Moïse en effet a dit : "Le Seigneur-Dieu suscitera pour vous d'entre vos frères un prophète comme moi ; vous l'écouterez en tout ce qu'il vous dira ; et toute âme qui n'écoutera pas ce prophète sera retranchée du peuple." » (Ac. III, 22-23). Il est bien évident que pour Paul le Christ n'est point un nouveau Moïse ; pour la seule raison qu'il n'est ni médiateur, ni législateur (Ga. III, 19).

L'évangile paulinien prétend gagner son autorité de ce qu'il est « un dévoilement de Jésus-Christ » (Ga. I, 12). Par opposition, l' « autre évangile » (Ibid. 7) apparaît comme l'expression d'une très humaine pensée (Ibid. 11). La preuve que l'évangile ne vient pas de Paul est constituée, selon lui, par le fait que rien dans la personnalité de l'apôtre ne le préparait à élaborer une pensée évangélique. Tous ont connu son zèle pour la Torah (écrite ou orale) (Ibid. 14). Tous savent avec quelle conviction il persécutait « la Communauté de Dieu » (Ibid. 13) (Php. III, 5-6). Le retournement de sa pensée, préalablement inscrite dans la tradition de ses ancêtres, ne peut être compris que tel un acte de la puissance de Dieu. Cette conviction, née de la confrontation de deux mondes, se trouve affirmée dès l'instant où Paul a choisi de ne pas se rapprocher des apôtres légitimes, « ceux qui étaient apôtres » avant lui (Ga. I, 17-24). Il sait déjà que sa réception de la parole du Christ n'est point la leur.

La reconnaissance prophétique apporte la preuve de la qualité de la mission. Paul s'affirme comme un élu auquel Dieu impose sa volonté. Pour preuve : il a répondu à l'appel et se consacre au service de l'évangile. La cause seconde confirme la cause première, divine par principe. L'évangile paulinien doit revêtir l'autorité de la proclamation prophétique et de l'inspiration spirituelle qui lui sont attachées. Jérémie est le modèle que les adversaires ne peuvent méconnaître (Ibid. 15-16) : « La parole de Yhwh me fut adressée pour dire : Avant même que je te forme dans le ventre, je te connaissais, et avant que tu sortes du sein, je t'avais consacré, je t'avais placé comme prophète pour les nations ! » (Jr. II, 4-5) (voir Is. XLIX, 1-5). Ce titre de « prophète des nations » s'inscrit dans l'engagement politique de Jérémie au moment de la grandeur de Babylone. Il conseille la soumission plutôt que l'affrontement contre la puissance du nouvel empire. Cette prise de position lui vaut la colère des rois de Judée.


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Yves Maris, philosophe cathare
Yves MARIS
8 mai 1950 - 29 juillet 2009
Biographie


RESURGENCE CATHARE


Le Manifeste
Ouvrage présenté et recommandé
aux auditeurs de France Culture
par Michel Cazenave, producteur de
l'émission «Les Vivants et les Dieux»

Ouvrage sélectionné par la bibliothèque
de l'Université de Navarre (Espagne)
LE MANIFESTE CATHARE - Publications de Yves Maris



THESE DE DOCTORAT


En quête de Paul
L’affrontement de deux conceptions opposées
du monde au moment de l’émergence de
l’idée chrétienne fondatrice de la culture
et de la pensée occidentale, tel est l’objet
de cette quête

En Quête de Paul - Thèse de doctorat de Yves Maris





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