Chemins cathares


Regards sur une autre vision du monde




Le catharisme ne peut se développer dans la modernité que comme une école de sagesse tendue vers le dieu inconnu. Les cathares privilégient la simplicité et la vie de l’esprit en eux-mêmes. Ils ne prétendent pas former un groupe particulier à l’intérieur de la société, mais autant d’individualités conscientes et reliées, sources remarquables d’une vie différente que celle que le monde impose aux vivants.
Yves Maris
(1950 - 2009)
Une pensée n’atteint la plénitude d’existence qu’incarnée dans un milieu humain, et par milieu j’entends quelque chose d’ouvert au monde extérieur, qui baigne dans la société environnante, qui est en contact avec toute cette société, non pas simplement un groupe fermé de disciples autour d’un maître.
Simone Weil
(1909 - 1943)








Lettre de Yves Maris

Introduction aux travaux de la première
Rencontre de la Diversité Cathare

Roquefixade, Pentecôte 2009

Mesdames, Messieurs, Chers amis,

Nous, qui sommes ici, nous pourrons dire : « Nous y étions ! ». La Rencontre de la diversité cathare n'est pas une sorte de colloque en vue de ressasser quelque document d'inquisition, c'est un événement qui doit marquer le temps ! Nous ne sommes pas ici pour commémorer la funeste marche de la croisade par des chants grégoriens, nous sommes là parce que le moment est venu de relever la prophétie attribuée à Bélibaste : « Au bout de sept cents ans le laurier reverdit. » Toute prophétie a sa part de légende. Celle-ci aurait été prononcée en 1309 par celui qui devait être l'un des derniers bons hommes du Moyen Âge, à s'effacer sur un bûcher. Elle a parcouru les siècles jusqu'à nous. C'est en la relevant que nous la faisons exister. C'est en la proclamant que nous lui conférons sa vérité. Oui, du fond des âges, Bélibaste nous réunit aujourd'hui.

Nous voici rassemblés, avec des approches différentes de la pensée cathare, selon que notre personnalité, nos empreintes, notre imaginaire, notre vocation nous appellent à privilégier la connaissance, la contemplation, l'ascèse, le culte des mystères ou simplement l'histoire. Il n'empêche que nous sommes venus pour faire valoir une même vision du monde, portée depuis deux mille ans par une interprétation dualiste du drame de la croix.

Jésus incarnait le pur amour ; ceux qui l'ont trahi — et nous le trahissons encore —, ceux qui l'ont condamné et exécuté — et nous le condamnons et l'exécutons encore —, incarnaient son contraire. Instrument de supplice normalisé par les textes de loi, expression de la justice et du droit, la croix dressée symbolise la nature humaine. Jésus crucifié, rejeté, abandonné, symbolise la nature divine. Les règnes sont incompatibles.

Nous comprenons que l'avènement de Jésus est le fondement d'un idéal demeuré en friche. Au commencement, il y a Jésus et le groupe des nazaréens. Ils cherchent à inaugurer le règne de Dieu sur des bases opposées à la société commune, qui est toujours la nôtre. Leur philosophie est simple et non-violente. Tout se résume à ce mot que l'apôtre Paul devait mettre en évidence : l'amour. Un concept dont il faut toute une vie, et peut-être d'autres encore, pour pénétrer le sens. S'il y a un mystère que nous devons découvrir, vers lequel nous devons tendre notre esprit, il se trouve dans la gnose de l'amour. Une connaissance paradoxale qui n'est véritable que si la pratique ou la conduite témoigne de sa vérité.

Souvenons-nous de la magnifique invective de Paul aux Corinthiens. Elle constitue une mise en garde qui s'adresse à une assemblée comme la nôtre, peut-être même dans des circonstances semblables : « J'aurais beau parler les langues des hommes et des anges, si je n 'ai pas l'amour, je ne suis qu 'un gong retentissant, une cymbale tonitruante, J'aurais beau être inspiré, savoir tous les mystères et toute la gnose, j'aurais beau avoir toute la foi au point de transporter les montagnes, sijen'aipas l'amour, je ne suis rien. Quand je distribuerais tous mes biens, quand je livrerais mon corps aux flammes, si je n 'ai pas l'amour, cela ne sert à rien. L'amour patiente, l'amour est accueillant, il n 'est pas jaloux, l'amour n 'est pas vantard, pas gonflé, pas malfaisant. Il ne cherche pas son intérêt, il ne s'irrite pas, il ne pense pas à mal. Il ne se réjouît pas de l'injustice, mais il se réjouit dans la vérité. Il supporte tout, a foi en tout, espère tout, endure tout. »

Mais qu'est-ce que l'amour, dans le fond ? Nous croyons tous savoir ce qu'est l'amour : un sentiment de nature changeante, un désir qui se porte vers un autre que soi, une affection qui lie la chaîne de la génération. Ce n'est pas de cet amour-là dont nous parle Paul ! Il ne s'agit pas d'un amour particulier, d'un amour naturel, mais d'un amour qui, nous dit-il, est « la vie de l'esprit ». Or, l'esprit n'obéit pas aux lois de la nature, mais à des lois contraires. Nous avons ce mot, a priori : amour. Mais nous n'entendons pas le bon concept. L'amour commun est un élan de nature instinctive. De caractère intuitif, il est intéressé, jaloux, possessif, il est formé de préjugés, marqué par une culture, il se clôt sur lui-même. Simple sentiment, il n'a qu'une valeur relative à la personne.

L'amour spirituel, lui, est absolu. Nous le découvrons lorsque nous effaçons de nos âmes les jugements, les croyances, les opinions, les idées reçues, les désirs liés à la nature.

Autant de barrières qui font obstacle à l'amour vrai. Ce n'est que lorsque nos âmes ont la transparence du cristal, que la nature s'efface, que nous contemplons le pur amour qui ne s'attache à personne en particulier. Ayant vu avec les yeux de l'âme cet amour sublime, sans écrin, nous commençons à aimer les êtres jetés dans la création sans faire de différence. Il y a d'abord l'amour, jamais le jugement, ensuite la personne qui souffre dans son existence.
Celui qui aime de cet amour-là est allé puiser une telle puissance à une source qui n'est ni dans la nature, ni dans la nature humaine. Nous comprenons alors que l'amour témoigne de la vie de l'esprit.
Nous ne serons reconnus en tant que cathares que si nous portons en nous-mêmes le sceau du pur amour. En chacune de nos paroles, en chacun de nos actes, il fera vivre l'esprit.

L'amour fonde la pensée cathare et la mystique de l'amour donne sens à notre cheminement. Nous allons vers la non-violence, tendus vers l'amour qui déroule devant nous une praxis de perfection. La non-violence est paradoxale et nous savons que dans le monde où nous vivons elle peut être assimilée à la soumission. Or, répondre à la violence par une contre violence revient à tomber dans le piège de la nature humaine. L'Evangile de Matthieu rapporte ces paroles de Jésus : « Moi je vous dis : ne vous opposez pas au mauvais. Mais qui te gifle sur la joue droite, tend aussi vers lui l'autre. Qui te réquisitionne pour un mille, fais en deux avec lui. » Jésus était non-violent dans un pays occupé par une armée étrangère. C'est autre chose que d'être non-violent dans un pays apaisé.

Le questionnement sur la violence ne se pose pas à nous de la même façon : nous ne sommes pas giflés tous les jours et nous ne voyons pas que l'on nous requière pour porter les bagages d'une troupe occupante. Chacun sait ce qu'est la violence physique, chacun croit savoir ce qu'est la violence morale. La difficulté majeure consiste à concevoir la violence de la nature elle-même, la violence que nous partageons naturellement, que le monde valorise extrêmement, la violence de la vie. Observons l'immense chaîne trophique de la vie et de la mort : tout être vivant est à la fois proie et prédateur. La vie se nourrit de la vie ou de la mort. Les deux termes sont si étroitement liés qu'ils sont interchangeables. La vie est une mort et la mort est une vie. Par opposition, l'idéal évangélique nous tend vers une vie qui n'est pas une mort, une vie véritable qui n'est pas liée à la mort. L'évolution des espèces a fourbi les meilleures armes pour attraper, enserrer, déchirer, empoisonner. De la ruse de l'animal à l'intelligence de l'homme, la vie appelle à manger l'autre, à saisir sa nourriture, à conquérir son territoire. Comment a-t-on pu imaginer qu'un tel monde, où les plantes elles-mêmes se font la guerre, fût une création du bon Dieu, si ce n'est en faisant de l'homme l'image de Dieu ou, pour le dire autrement, en créant Dieu à la ressemblance de l'homme ?

Jésus n'aime pas les sacrifices. Il chasse les maquignons du Temple. La non-violence est un absolu. Elle ne guide pas la relation de l'homme à l'homme, mais de l'homme à la nature entière. Paul dit dans la lettre aux Romains : « Jusqu'à présent toute la création gémit dans les douleurs. » II ne faut pas chercher ailleurs le fondement de la dualité qui va diviser le christianisme. Dès lors qu'un dieu qui assume la cruauté ou la nature du monde s'oppose à un dieu qui la rejette, deux notions de Dieu s'affrontent. Le premier habite dans le Temple, les prêtres sont ses serviteurs et ses médiateurs, il est le législateur, le garant de la justice, le chef des armées. Le second est son contraire. Il ne se perçoit que dans les âmes pures et ne parle qu'aux consciences éclairées. Nous comprenons que le premier dieu, qui connaît la haine et toute la gamme des sentiments, fasse la guerre au second. Nous comprenons aussi que le second dieu, qui ne connaît que l'amour absolu, soit crucifié en ce monde.

La non-violence ou le pur amour a un corollaire : la vérité. Non pas une pseudo vérité, d'ordre spéculatif, à laquelle répond la croyance, mais la vérité vraie qui s'appuie sur l'attestation des faits et la logique du discours. La vérité n'est pas donnée, elle est un mouvement universel de la pensée. La science est son domaine. La nouvelle gnose ne s'appuie plus sur des mythes, ces merveilleuses tentatives de la pensée pour expliquer le monde par un enchaînement d'images et de concepts, mais sur des théories scientifiques toujours renouvelées qui ne sont pas moins étonnantes et mystérieuses. À cet égard, notre vision du monde et de l'univers n'est plus celui des nazaréens de la Judée romaine, ni celui des cathares du Moyen Âge. La vérité est le corollaire de la non-violence parce que le mensonge est du domaine de la violence. Le mensonge cache toujours un intérêt, l'intérêt du puissant aussi bien que de l'esclave.

Le christianisme classique constitue le plus grand mensonge, une gigantesque manipulation fondatrice de nos sociétés occidentales. Il a laissé accroire qu'il portait le message de Jésus par voie apostolique authentifiée, alors qu'il naquit d'une construction des pouvoirs politiques, romains et mérovingiens, propres à contredire les fondements non-violents de l'idéal nazaréen. Il est de notre devoir d'approfondir la vérité historique. Nous ne pouvons pas lire les textes évangéliques sans une lecture critique approfondie de l'ensemble du corpus canonique et apocryphe. Nous ne sommes tenus par aucun credo et la théologie, c'est-à-dire le discours sur Dieu, n'a pour nous aucun sens. Qui connaît Dieu pour oser en parler ? Tout discours sur Dieu est un mensonge.

Si le mensonge n'est pas tout simplement trivial, il procède de la croyance ou de l'opinion qui constituent le dernier degré de la pensée. L'une et l'autre se fondent sur une pseudo connaissance, une gnose erronée qui a perdu la raison. La quête de la vérité est aussi difficile que celle du pur amour. Être cathare, c'est être toujours en éveil. S'il y a une discipline, dans cet élan de liberté, elle est là ! Toute parole doit être précédée du questionnement à soi-même : suis-je fondé à dire ce que je dis ? Suis-je certain de la vérité des faits ? Mon discours est-il valide conformément aux règles de la logique ? De quel droit prononcé-je tel jugement ? De même, tout acte doit être précédé du questionnement à soi-même : quel degré de violence porte-t-il ? Qu'elle violence économique contient en lui-même l'objet de ma consommation ? De quelle violence me fais-je le complice en participant à tel ou tel système mondain ? Être cathare n'est pas un mot, c'est une philosophie de vie exigeante qui nous transporte ailleurs.

La nature est une référence basse, elle ne peut constituer notre modèle, ni la nature humaine. L'accomplissement de nos vies consiste précisément à transcender la création diabolique, dont nous avons vu qu'elle est fondamentalement cruelle et perverse, que chaque créature n'existe que par la satisfaction de ses appétits.

Nous sommes végétariens parce que la violence commence dans notre assiette. Nous mangeons pour vivre, certes, mais le repas ne peut-être le moment d'une réjouissance aveugle ou celui d'une bénédiction divine. Jésus était végétarien. Il semble qu'il mangeait le poisson. C'est la raison pour laquelle les cathares du Moyen Âge faisaient de même. Il se peut aussi que les hellénistes qui ont écrit les évangiles, nous aient induits en erreur. Nous voyons que la tradition pétrinienne des premiers siècle est scrupuleusement végétalienne et nous savons que la liberté de table est venue de Paul qui s'était donné pour mission de convertir le monde païen, de l'Arabie à l'Espagne.

Manger bio n'est pas pour nous un but en soi ou une religion, c'est notre façon d'être aussi peu violent que possible envers le règne végétal. Nous sommes écologistes avec les écologistes parce que nous ne prétendons pas à la supériorité de la nature humaine dans le règne animal, et que nous n'avons pas vocation à soumettre les vivants de la Terre. La planète est un jardin qui ne nous appartient pas.

Nous sommes décroissants avec les décroissants, parce que la perfection est de l'ordre de la simplicité. La notion de pouvoir d'achat nous est étrangère. Nous n'adhérons pas à la religion du progrès qui vise à satisfaire les désirs à l'infini, qui sacrifie la vie à l'inutile et au futile. Nous vivons en retrait de la violence économique dont il est inutile de faire ici le procès.

Parce que nous sommes non-violents, au plus profond de notre âme, nous ne nous connaissons ni adversaires, ni ennemis. Nous sommes juifs avec les juifs parce que leur histoire est notre préhistoire. Nous ne pouvons pas comprendre Jésus sans connaître les enjeux de la société juive du premier siècle, sans entrer en relation avec les thérapeutes, les esséniens, les pharisiens, les zélotes, les sadducéens, les hellénistes.

Nous sommes chrétiens avec les chrétiens, je veux parler des chrétiens des Églises classiques, parce que leur histoire est parallèle à notre histoire. Il y a chez eux beaucoup de gens de bien, des quêteurs égarés du pur amour. Nous entendons les patriarches de Constantinople et de Moscou et le pape de Rome, en dépit des contradictions de leurs religions et de notre philosophie. Ils sont liés par la pesanteur de leurs traditions et leur histoire violente, tandis que nous sommes libres.

Il y a dans cette façon d'être quelque chose de Paul, qui proclame : « Libéré de tout, je me suis asservi à tous pour gagner le plus grand nombre. Et je me suis fais juif avec les juifs pour gagner les juifs : soumis à la torah avec ceux qui sont sous la torah — moi qui ne suis pas sous la torah — pour gagner ceux qui sont sous la torah. J'ai été sans torah avec ceux qui sont sans torah, moi qui ne suis pas sans loi de Dieu, puisque sous la loi du Christ, pour gagner les sans-torah. Je me suis fait faible avec les faibles pour gagner les faibles ; je me suis fait tout à tous pour en sauver du moins quelques-uns. Et je fais tout pour l'évangile, pour y avoir part » L'apôtre cherchait les conversions, dans une perspective de fin du monde annoncée, ce qui n'est pas notre cas. Le prosélytisme ne peut être pour chacun de nous que la conséquence passive d'une existence réussie. Devenons des modèles de haute humanité et laissons l'esprit souffler où il veut, quand il veut.

Je dis les choses comme si notre assemblée parlait d'une seule voix. Je sais pourtant que nous formons une diversité, que chacun se trouve à un moment particulier de sa vie, à une étape du chemin, à un croisement peut-être. Nous avons tous reçu des empreintes, des enseignements, des influences, nous avons chacun notre propre histoire et notre destin, nos inhibitions et nos barrières, nos zones d'ombre et de lumière. Notre rencontre prend acte de cette diversité. Mais ce qui nous unit est infiniment plus grand et plus puissant que ce qui nous différencie. Serions-nous là, s'il en allait autrement ?

Les discours et débats qui animeront notre pentecôte vont, je le crois, témoigner de notre capacité à écouter et à entendre et, finalement, construire notre unité. Pour la première fois depuis sept cents ans, un mouvement de la pensée cathare, affirmée en tant que telle, se produit. Certes, la réalisation de nos propres vies nous appartient, nous sommes tendus, individuellement, vers notre propre devenir ; mais notre responsabilité est aujourd'hui majeure. Il nous appartient d'avoir ou de ne pas avoir une existence collective. Ne nous quittons pas avant d'accomplir ensemble quelque chose de grand et d'irréversible.

Dans les flammes des bûchers, les cathares du Moyen Âge nous regardent.









Histoire et philosophie cathare

Yves Maris

e dualisme chrétien trouve ses fondements dans la philosophie de Paul de Tarse. Son disciple, Marcion de Sinope, montre l’irréductible opposition des deux concepts de Dieu portés par la vieille Bible et par l’Evangile. Son Eglise spirituelle s’étend de l’Orient à l’Occident dès le IIème siècle, jusqu’à tendre le relais à la nouvelle Eglise des bons chrétiens (les cathares) et disparaître au XIème siècle.

Nous proclamons qu’une telle vision du monde est toujours vivante au XXIème siècle et qu’un questionnement semblable progresse dans les sciences et les consciences.

Dieu n’a pas de réalité dans le monde. Il est absent et n’est pas opposable. Pourtant, l’idée de Dieu purifiée se révèle dans les esprits. Cette purification est un chemin de vérité qui passe par la réalité des faits et la logique du discours. Toute lecture des textes fondateurs doit s’appuyer sur la méthode historico-critique qui invalide les raisonnements théologiques.

La vieille Bible montre un Dieu législateur attaché aux valeurs mondaines, tandis que l’Evangile dévoile un Dieu détaché du monde.

Paul élabore l’idée de deux créations :

  • le Dieu biblique crée un homme instinctif et passionné, issu du règne animal;
  • le Christ crée un fils d’homme, issu du règne de l’esprit, capable du discernement de conscience. Il n'annonce pas la régénération de la chair, mais le rebut.

Le monde fondamentalement mauvais dans lequel nous vivons appartient au Diable. Le mal – qui n’est, tout simplement, que ce qui fait mal – est premier et le bien ne vient jamais que soulager l’excès de mal. Le dualisme oppose la non-violence à la violence. Vu que le mal est intrinsèquement lié à la vie, pourquoi imaginons-nous un Dieu créateur de toute bonté ? Il y a là une sorte d’attachement affectif qui nous relie au Diable comme l’esclave à son maître. Ce questionnement nous situe dans la tradition paulinienne où nous retrouvons le christianisme de Marcion de Sinope et des cathares d’Occitanie.

Nous témoignons que les flammes des bûchers n’ont jamais brûlé les pensées. Une espérance nouvelle germe dans les multitudes qui pérégrinent par les sentiers escarpés des hauts lieux de la pensée cathare. Nos moyens de communication nous relient aux chrétiens en quête de sens et aux croyants cathares d’Europe et d’Occident. Notre christianisme n’est pas dogmatique. Il s’agit d’abord d’un questionnement qui a pour origine la vision douloureuse du monde. Il suscite la compassion et s’inscrit dans la simplicité de vie. Et chacun de nous se hâte à son rythme, sur le même chemin, vers le dieu inconnu.

La philosophie cathare est une philosophie de libération qui renverse la perspective commune. Elle rencontre, dans la société humaine, une difficulté aussi grande que celle de Galilée qui cherchait à démontrer que l’évidence était pourtant l’erreur.

En 1309, le dernier cathare revêtu et martyr, Guillaume Bélibaste, prophétisait : « Au bout de sept cents ans le laurier reverdira… »


cathares, philosphie cathare, catharisme

Yves Maris, philosophe cathare
Yves MARIS
8 mai 1950 - 29 juillet 2009
Biographie


RESURGENCE CATHARE


Le Manifeste
Ouvrage présenté et recommandé
aux auditeurs de France Culture
par Michel Cazenave, producteur de
l'émission «Les Vivants et les Dieux»

Ouvrage sélectionné par la bibliothèque
de l'Université de Navarre (Espagne)
LE MANIFESTE CATHARE - Publications de Yves Maris



THESE DE DOCTORAT


En quête de Paul
L’affrontement de deux conceptions opposées
du monde au moment de l’émergence de
l’idée chrétienne fondatrice de la culture
et de la pensée occidentale, tel est l’objet
de cette quête

En Quête de Paul - Thèse de doctorat de Yves Maris





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